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« L’industrie de l’impression au XXIe siècle :
crise ou transformation ? »


Allocution de MONSIEUR LUC DESJARDINS
Président et chef de la direction

TRANSCONTINENTAL

devant le WOA 55th Management & Technical Conference
au Sheraton Centre,
à Toronto,

le 30 avril 2007

Merci pour cette généreuse présentation et bonjour tout le monde.

D’entrée de jeu, je veux vous dire à quel point je suis honoré de votre invitation. Dans chacune de nos entreprises, nous échangeons sur une base quotidienne nos idées sur le contexte économique et technologique dans lequel évolue notre industrie. Des forums aussi prestigieux que celui-ci élargissent ces échanges et nous aident à aller de l’avant.

Comme entreprise canadienne ayant son siège social à Montréal, c’est également très stimulant de se retrouver parmi les grands joueurs de notre industrie à l’échelle mondiale.

Merci, encore une fois, de m’offrir cette occasion de m’adresser à vous.

Je dois cependant vous dire qu’en me faisant succéder à Brian Mulroney à ce podium, vous me mettez la marche un peu haute. Mais je ne m’en plains pas : chez Transcontinental, nous aimons les défis !


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Le but de mon propos d’aujourd’hui est de vous indiquer comment, comme imprimeur, nous voyons l’évolution de notre industrie au cours des prochaines années et de vous présenter notre plan de match. Je précise « comme imprimeur » parce qu’avec nos activités d’édition de journaux, de magazines et de livres, et leurs développements numériques intenses, nous nous définissons aussi comme une entreprise de médias. C’est également le cas pour plusieurs entreprises représentées ici aujourd’hui.

En gros, Médias Transcontinental est le quatrième groupe de presse écrite au Canada avec plus de 3000 employés et des revenus de presque 600 millions de dollars en 2006. En tant qu’éditeur, nous poursuivons une stratégie ciblée : sur des communautés géographiques du côté des journaux ou sur des communautés d’intérêt du côté des magazines. Nos magazines, par exemple, sont spécialisés dans des créneaux : intérêt féminin, maison et jardinage, sports et loisirs, économie, et j’en passe.

« Ciblage », « créneau », « spécialisation » : voilà des mots qui reviendront souvent dans ma présentation d’aujourd’hui à propos de nos activités d’impression.

Évidemment, le point de vue que j’exprimerai aujourd’hui est celui d’un imprimeur canadien ayant d’abord grandi dans son propre marché, mais dont l’essentiel de la croissance proviendra dorénavant de l’extérieur du Canada. Je veux vous parler sans prétention, à la façon d’un homme de terrain qui a passé la plus grande partie de sa carrière dans l’industrie de l’impression en Amérique du Nord et qui doit, de par sa fonction, guider l’entreprise qu’il dirige au-delà de la décennie actuelle. Même si je veux rester le plus général possible, je vais illustrer mes propos par des exemples tirés de l’entreprise que je connais le mieux, soit Transcontinental.

M’adressant à un public d’entrepreneurs et de gestionnaires, vous me permettrez d’être concret et d’aller à l’essentiel. D’ailleurs, comme j’ai pu le constater en préparant cette réflexion, l’essentiel est souvent ce qu’il y a de plus simple, le dur rappel à l’ordre de la réalité.


LE MYTHE D’UNE INDUSTRIE EN PÉRIL

Je voudrais d’abord m’attaquer à un mythe : celui d’une industrie de l’impression en péril, sinon en phase terminale. Ce n’est pas la réalité. La réalité, c’est qu’à l’image des autres industries, la nôtre est en transformation rapide et profonde, et que les défis ne manquent pas.

D’abord, nous constatons l’émergence de nouvelles habitudes du côté des consommateurs. Je pense entre autres à la pénétration d’Internet et de la numérisation en général dans la vie quotidienne, en particulier chez les jeunes. Mais une nouvelle technologie ne fait pas disparaître la précédente : la radio n’a pas éliminé les journaux, la télévision n’a pas éliminé la radio et Internet n’éliminera pas tout le reste. Chez Transcontinental, c’est dans cette perspective de complémentarité que nous accentuons notre virage numérique dans l’ensemble de nos activités.


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Par ailleurs, nous assistons à la montée de nouvelles valeurs, au premier rang desquelles la préoccupation environnementale. Il est difficile d’en mesurer les effets mais nous sommes très conscients qu’il s’agit là d’une tendance lourde et irréversible. Il n’y a qu’à voir l’unanimité qui entoure le concept de « développement durable », au point que des politiciens en ont fait un thème électoral. Faut-il y voir la disparition du papier sous la pression de cette nouvelle sensibilité combinée à l’écran d’ordinateur et aux nouveaux lecteurs connexes comme le baladeur numérique ou le téléphone portable ? Je ne le crois pas. Mais en tant qu’entreprises responsables, nous devons maintenant intégrer cette préoccupation.

Chez Transcontinental, nous le faisons à notre façon, soit en mobilisant nos partenaires d’affaires et, surtout, nos gens. Nous avons d’ailleurs annoncé trois initiatives environnementales concrètes au cours des dernières semaines, dont l’une – en partenariat avec Cascades – concerne une offre de papier fait à 100 % de fibres recyclées post-consommation destinée aux éditeurs de livres et une autre, le lancement du premier magazine en français consacré au développement durable au Canada.

Soit dit en passant, le papier électronique fera son entrée en Occident en 2007. Même si ce n’est pas pour demain la veille, les considérations environnementales favoriseront une croissance rapide du e-paper, comme on dit. Pour ma part, j’aime y voir pour notre industrie une occasion complémentaire de croissance.


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Autre phénomène : le nouveau visage de la mondialisation. Je veux parler de la montée des « économies émergentes ». Ce phénomène n’est pas nouveau en soi. Souvenez-vous des dragons asiatiques des années 1980 qui, comme la Corée du Sud ou Taïwan, sont devenus des nations fortement industrialisées.

Ce qui est nouveau, par contre, c’est que ces nouvelles économies émergentes constituent un contrepoids formidable aux États-Unis et à la communauté européenne. On n’a qu’à penser au regroupement connu sous l’acronyme BRIC, soit le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, qui compte pour 42 % de la population mondiale.

De puissantes multinationales sont issues de ces pays. Dans une étude récente, le Boston Consulting Group a identifié les 100 plus importantes et le classement a été publié par le magazine Business Week en juillet dernier. Au cours des quatre dernières années, leur croissance moyenne a été de 24 %. On les retrouve dans à peu près tous les secteurs d’activité.

Ces multinationales sont le fer de lance de l’expansion économique de leur pays d’origine. Leur marché intérieur leur permet de créer une base industrielle solide, avec une main-d’œuvre bon marché, et elles bénéficient du soutien actif de leur gouvernement sur les marchés extérieurs. Elles ont d’ailleurs les moyens financiers de s’imposer sur les marchés internationaux.

En raison de sa population et de son potentiel énorme, la Chine vient au premier rang des pays émergents. Elle a connu une croissance moyenne de 10 % par année au cours des 20 dernières années. Ses imprimeries, entre autres, se construisent ou se modernisent à un rythme rapide et se tournent de plus en plus vers l’exportation.

Quoi faire ?

Chez Transcontinental, nous avons effectué des études sur ce phénomène et un groupe de dirigeants a fait un séjour en Chine. La situation varie d’une entreprise à l’autre. Pour notre part, nous en avons conclu que certaines catégories de livre surtout étaient menacées par les imprimeurs chinois. La bonne nouvelle, c’est que nos autres produits d’impression, qui représentent 85 % de nos ventes, le sont peu ou pas du tout.

Le gros avantage des imprimeurs chinois, c’est leurs prix très bas. Leur matière première est moins chère et ils profitent d’une main-d’œuvre à très bon marché : par exemple, un pressier y gagne 1000 dollars par année alors qu’ici c’est 60 000 dollars. Par contre, le plus grand ennemi des imprimeurs chinois, c’est le temps.

Autrement dit, la concurrence de la Chine est maximale pour des livres avec beaucoup de contenu de main-d’œuvre ou dans le cas de beaux livres d’art à grand format qui se vendent cher et dont la sortie sur le marché peut tolérer des délais de livraison de plusieurs semaines.

Or, chez Transcontinental, nous sommes spécialisés dans les courts et moyens tirages, c’est-à-dire entre quelques milliers d’exemplaires jusqu’à 150 000, pour lesquels il n’y a pas grand avantage à aller se faire imprimer en Chine. Depuis plusieurs années, nous avons aussi développé avec beaucoup de succès l’impression numérique à très court tirage dont le délai de livraison, d’à peine huit jours.

Par ailleurs, notre proximité du client et de ses besoins nous permet de multiplier les services à valeur ajoutée, en amont comme en aval de l’impression. Nous investissons massivement aussi dans l’amélioration de notre efficacité. Par exemple, notre nouvelle usine ultramoderne de Louiseville, inaugurée l’an dernier, nous permettra non seulement de réduire nos coûts, mais également nos temps de cycle de moitié. Nos clients pourront ainsi aller au marché beaucoup plus rapidement.

Enfin, nous avons toujours été réputés pour être à l’avant-garde de la technologie. Dorénavant, nous visons à être les premiers au monde. Ainsi, nous avons complété en juin dernier, à notre imprimerie de Beauceville, l’installation de notre première presse de la nouvelle technologie Goss d’autotransfert qui nous permet de passer d’un projet d’impression à l’autre sans interruption. Il s’agit d’un investissement de 20 millions de dollars.

Voilà comment nous nous positionnons en Amérique du Nord pour ce qui est de l’impression de livres et réagissons concrètement à la concurrence de la Chine.


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Un mot, enfin, sur la consolidation de notre industrie. C’est une réalité présente, mais quasi permanente depuis au moins une bonne dizaine d’années. Il n’y a donc rien de nouveau sous le soleil de ce côté-là. Par exemple, en 2004, on comptait en Amérique du Nord 32 000 imprimeurs commerciaux, soit 6000 de moins qu’en 1998. Par ailleurs, une étude de 2005 indiquait que les 50 imprimeurs les plus importants ne contrôlaient que 30 % du marché environ.

La consolidation intensive des dix dernières années se poursuivra donc. Nous sommes confrontés à une concurrence accrue et à une consolidation de nos propres clients qui exercent une pression à la baisse sur les prix. Il faut donc s’attendre à de nombreuses autres fusions, et souvent de gros joueurs. L’exemple le plus récent –  l’acquisition par le numéro un mondial, Donnelley, du numéro 8, Banta, et deux autres imprimeurs – en est un signe avant-coureur.

Soit dit en passant, avec des revenus d’impression de 1,5  milliard de dollars américains en 2006, Transcontinental vient au sixième rang en Amérique du Nord.

Autre manifestation de la consolidation : l’accentuation de rationalisations de toutes sortes. Nous assistons ainsi à des regroupements d’activités, des fermetures ou des vente d’entités, à la remise en question d’activités trop menacées ou dont les barrières à l’entrée sont insuffisantes, à la mise en place de mesures constantes d’amélioration de l’efficacité et de réduction des coûts, et j’en passe.

Pour notre part, nous avons réalisé de grands projets de réorganisation et de regroupement. J’ai une très grande confiance dans notre position et dans notre plateforme pour l’avenir.


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Bref, l’industrie de l’impression traverse une période de turbulences. Faut-il, comme certains observateurs, parler d’une « crise existentielle » ? Encore une fois, je ne le crois pas. J’y vois plus simplement la poursuite de la transformation rapide des dix dernières années.

Ceci est également vrai de la grande majorité des industries. On ne produit plus le pain comme il y a 20 ans, ni les mêmes catégories : voyez la prolifération des produits « santé » ou faits de fibres naturelles. Comparez les succursales bancaires des années 1980 avec les services automatisés et numérisés d’aujourd’hui. Même chose du côté de l’édition de livres, de magazines ou de journaux. Notre industrie n’est donc pas une exception.

Pour sa part, au cours des dix dernières années, Transcontinental a réussi à tirer son épingle du jeux. Ma conviction, c’est que nous avons les gens, la culture d’entreprise et la stratégie pour continuer à faire partie des gagnants.

QUELQUES GRANDES TENDANCES

Comment poursuivre notre croissance au cours de la prochaine décennie ? Ce n’est pas à vous que j’apprendrai que la réponse repose sur deux piliers : une stratégie réaliste à l’international, basée sur ses avantages concurrentiels et ses capacités d’exécution; et une anticipation des grandes tendances du marché, c’est-à-dire reflétant les besoins émergents de nos clients.


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Parlons d’abord d’international. Toutes nos entreprises ont à se positionner à l’extérieur de leur marché national.

Transcontinental est le plus important imprimeur au Canada avec des revenus de 1,7 milliard de dollars canadiens. Nous occupons le premier rang dans la très vaste majorité de nos créneaux : impression de circulaires et d’encarts, de livres, de journaux, de marketing direct et de produits commerciaux comme les rapports annuels, les brochures, les affiches, etc. Nous sommes également un fort deuxième dans les magazines et les catalogues.

La conclusion s’impose d’elle-même : l’essentiel de notre croissance future proviendra de l’international. Or, à l’international, notre croissance est résolument ciblée et sur le plan géographique, ce sont les États-Unis et le Mexique qui constituent notre marché prioritaire. Actuellement, nous tirons près du tiers de nos revenus d’impression du marché américain, soit environ 600 millions de dollars canadiens. La moitié est exportée à partir du Canada, surtout des livres, des catalogues et des magazines; l’autre moitié est produite sur place, essentiellement des produits et services de marketing direct.

Cette diversification géographique nous apparaît naturelle puisque nos économies sont intégrées à un très haut niveau.

Notre stratégie est également ciblée sur le plan des produits et services. Autrement dit, nous poursuivons une stratégie de créneau : nous ne visons pas à devenir l’un des plus gros imprimeurs globalement, mais plutôt à être le meilleur dans un certain nombre de segments à forte croissance où nous disposons d’une expertise et d’un avantage concurrentiels. Ce sont généralement des expertises que nous avons d’abord développées au Canada.

Je connais bien le marché américain pour y avoir travaillé pendant plusieurs années et je suis convaincu que nous avons la bonne stratégie.

Je vous donne un exemple : le marketing direct. Avec nos installations en Pennsylvanie, en Californie et au Texas, nous couvrons l’ensemble de l’Amérique du Nord. Avec des revenus annuels de 300 millions de dollars, nous sommes l’un des plus importants fournisseurs de services intégrés de marketing direct aux États-Unis et le premier auprès des institutions financières. Nous comptons parmi nos clients American Express, Bank of America et Citibank.

Nous sommes présents aux États-Unis dans ce créneau depuis 1999. Cependant, les étapes majeures de notre implantation datent de 2003 et 2005 avec l’acquisition de deux entreprises complémentaires : la première, CC3, vraiment forte dans la vente, et la seconde, JDM, des maîtres dans l’efficacité opérationnelle.

En 2006, nous avons complété la réorganisation et la modernisation de nos activités en Pennsylvanie, entre autres en consolidant quatre usines en une seule à Warminster et en finalisant le plan d’intégration de JDM. Nous avons aujourd’hui le modèle d’affaires et l’équipe pour renforcer notre position dans cette industrie aux États-Unis, notamment par des acquisitions.


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Cela m’amène à vous parler d’une grande tendance qui est en voie de transformer notre industrie : la personnalisation publicitaire. Le marketing de masse ne disparaîtra pas, mais la personnalisation répond directement aux attentes des annonceurs soucieux de mieux cibler leurs consommateurs afin d’avoir un meilleur retour sur leur investissement.

Pour Transcontinental, la personnalisation est comme une seconde nature. Je vous parlais tout à l’heure de nos publications qui sont ciblées par communauté géographique ou par communauté d’intérêt. Pour sa part, notre réseau de distribution de porte en porte repose sur des données sociodémographiques et son contenu peut varier d’un quartier à l’autre ou même d’une rue à l’autre. En fait, la personnalisation touche l’ensemble de nos activités. Par exemple, pour le San Francisco Chronicle que nous allons imprimer à partir de 2009, nous produirons environ 400 éditions différentes de ce quotidien : différentes par le contenu et par les encarts.

C’est donc tout naturel pour nous d’être devenus un important joueur de l’industrie du marketing direct aux États-Unis. C’est un créneau qui vit par la gestion des bases de données et qui est appelé à connaître une très forte croissance.


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Autre tendance irréversible : la volonté des entreprises de réduire le nombre de leurs fournisseurs. C’est d’ailleurs l’un de nos premiers réflexes quand nous portons notre chapeau de client. En retour, nous exigeons des « heureux élus » qu’ils couvrent l’éventail le plus large possible de nos besoins dans leur domaine.

La diminution du nombre de fournisseurs est maintenant une tendance bien ancrée dans la culture d’affaires contemporaine, toutes industries confondues. Cette tendance a des effets concrets sur nos entreprises puisque cela oblige à faire partie des deux ou trois meilleurs fournisseurs de chacun de nos clients. Sinon, il vaut mieux en sortir.

Fort heureusement, Transcontinental est née et a vécu de ce concept. Ainsi, nous avons été les premiers au Canada à offrir aux détaillants un service complet de prépresse-impression-distribution pour leurs circulaires à travers un guichet unique. C’est dans cette perspective aussi que depuis plusieurs années, nous réorganisons nos ventes, notamment à travers des initiatives de ventes croisées. La plus récente réalisation sur ce front est le contrat d’une valeur de 350 millions de dollars, sur cinq ans, que nous venons de signer avec la Compagnie de la Baie d'Hudson pour l’impression de toutes ses circulaires. Ce montant comprend 75 millions de dollars de nouveaux revenus pour l’utilisation de plusieurs autres de nos produits et services à valeur ajoutée, notamment la gestion des bases de données et des programmes de fidélisation.


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La volonté de réduire le nombre de ses fournisseurs connaît son plus grand aboutissement dans l’impartition, c’est-à-dire quand des clients vous confient une étape complète de leur chaîne de production.

Vous savez, il en faut de la confiance pour retenir un ou deux fournisseurs seulement ou pour confier des étapes complètes de son processus de production à un partenaire ! Cela exige un atout précieux qui ne s’improvise pas : la crédibilité d’affaires. Il n’y a pas de raccourci. Celle-ci se bâtit patiemment au fil des ans auprès des investisseurs, des clients, de ses employés, ou en matière de responsabilité sociale et environnementale.

L’impartition est un prolongement naturel de notre modèle d’affaires basé sur la proximité du client. Je vous donne quelques exemples.

Ainsi, nous offrons à nos clients de marketing direct aux États-Unis de prendre en charge la totalité de leurs campagnes. De grands détaillants canadiens ont transféré chez nous leurs services de prémédia; une fois leur contenu numérisé par nous, ils peuvent l’utiliser sur d’autres plateformes. Nous offrons également des services d’édition à contrat. Une fois que vous faites partie de la chaîne de valeur d’un client, vous devenez un véritable partenaire. Ce que nous atteignons en fait, c’est une fidélisation maximale du client. C’est là le nerf de la guerre.

Mais c’est dans l’impartition de l’impression de journaux que nous nous distinguons le plus à l’échelle de l’Amérique du Nord !

Transcontinental est le plus important imprimeur de journaux au Canada avec des revenus annuels de plus de 250 millions de dollars. Nous avons un réseau d’usines qui s’étend de Saint-Jean, Terre-Neuve, jusqu’à Vancouver. Nous imprimons quelque 200 journaux, dont une vingtaine de quotidiens.

Notre projet d’affaires Évolution 2010 a identifié ce segment comme l’un des principaux pôles de croissance et cette croissance passera surtout par les États-Unis. Nous allons devenir dans l’impression de journaux ce que nous sommes déjà dans le marketing direct. C’est notre plan de match.

L’industrie des quotidiens est en transformation rapide à travers le monde. Les journaux représentent 30 % des dépenses publicitaires. Comme d’habitude dans les périodes de transformation accélérée, il y aura des gagnants et des perdants. Notre stratégie est de nous associer aux innovateurs qui ont décidé de faire partie des gagnants. En fait, notre modèle d’impartition est taillé sur mesure pour eux.

Nous permettons en effet aux éditeurs de se concentrer sur leur fonction première, soit de promouvoir leur marque en créant un contenu et un graphisme de grande qualité et en faisant de l’innovation une priorité.

Nous mettons également à leur disposition les plus récentes technologies pour leur permettre d’attirer les nouvelles générations de lecteurs et d’annonceurs. Je pense entre autres à une reproduction couleur plus grande et de qualité supérieure, et à une distribution ciblée.

Non seulement notre modèle est-il à la fine pointe de la technologie, il est également à la fine pointe sur le plan humain, avec une organisation du travail innovatrice, souple et efficace.

Ce modèle, nous l’avons développé au Canada avec, entre autres, The Globe and Mail et La Presse. En 2005, nous avons mis en œuvre un plan audacieux pour l’implanter aux États-Unis. Cette même année, nous avons commencé l’impression de The New York Times pour les marchés de l’Ontario et du nord de l’État de New York dans le cadre d’un contrat de dix ans. La très grande satisfaction de ce client, et sa notoriété, nous ont valu une grande crédibilité auprès des éditeurs de journaux américains.

Un pas majeur a été franchi en novembre dernier quand nous avons annoncé la signature d’un contrat de 15 ans, évalué à un milliard de dollars américains, par lequel Hearst Corporation nous confiait l’impression du San Francisco Chronicle et de ses produits reliés. Contrairement aux ententes signées avec les éditeurs de journaux canadiens, ce contrat exclut le papier. Sur une base comparable, sa valeur atteindrait environ deux milliards de dollars américains.

Rappelons que le San Francisco Chronicle occupe le premier rang dans la région de la Baie de San Francisco, le cinquième marché le plus populeux aux États-Unis, et se classe au 14e rang des quotidiens à l’échelle du pays avec un tirage quotidien moyen de plus de 400 000 exemplaires.

Aujourd’hui, nous sommes à divers stades de discussion avec plusieurs gros joueurs aux États-Unis. Je peux vous dire que notre modèle est très bien reçu partout, avec encore un plus grand intérêt depuis novembre dernier. Le potentiel de développement pour Transcontinental est énorme. Nous sommes optimistes. Mais il faut comprendre qu’il s’agit d’un long processus. Dans le cas du San Francisco Chronicle, par exemple, il s’est écoulé 18 mois entre notre première présentation et la signature du contrat.

Nous avons créé, au début de l’année, une division qui se consacre à temps plein au développement de l’impression de journaux aux États-Unis.


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Un mot en terminant sur le plus important investissement que nous pouvons faire comme entreprise : je veux dire l’investissement dans nos gens. Ça, c’est une tendance qui devrait être permanente, si vous me permettez cette contradiction ! Pour ma part, j’en ai fait l’élément numéro un de mon crédo d’affaires. Ce sont vraiment les gens qui font la différence ! La meilleure des stratégies ne mène nulle part si nous n’avons pas les gens pour l’exécuter. Des gens motivés, dévoués, qualifiés, capables de s’adapter rapidement aux nouvelles technologies et travaillant en équipe. Également des gens encadrés par des leaders capables d’enthousiasmer, de développer le talent autour d’eux, de transmettre la vision de l’entreprise et d’établir un climat de confiance.

C’est pour cela que notre projet d’affaires Évolution 2010 met un accent très fort sur le développement du leadership à tous les niveaux de l’entreprise. À ce jour, par exemple, quelque 1500 gestionnaires ont suivi les trois premiers modules de la formation Mission : Leadership. Entreprise en 2004, cette formation sera complétée en février 2008.

Il s’agit là du trait le plus important, à mes yeux, de la différence « Transcontinental ».

Je vous remercie de votre attention. Nous pouvons maintenant passer à la période des questions, ma partie préférée.

 

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